CHRIS CADILLAC

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Chris Cadillac est un producteur américain qui a du fuir les USA pour de multiples raisons, parmi lesquelles de sérieux problèmes de santé. En 2010, il élit la Suisse comme terre d’accueil dans l’idée d’y bénéficier des meilleurs soins et d’un environnement propice à la guérison. C’est au HUG, à Genève, un soir qu’il discutait avec une apparition morbide, que s’est imposée à lui l’idée de se lancer dans le théâtre. Entre 2011 et ce jour, il a mis sur pied trois spectacles, en grande partie depuis son lit d’hôpital et chaque fois comme si c’était le dernier. Cadillac investit dans son travail cette intensité particulière que seule peut apporter l’imminence de la mort. Ses pièces - notamment Las Vanitas, Médecine Générale et Claptrap, ont radicalement changé la vie de quelques spectateurs mais se sont systématiquement avérées des échecs critiques et commerciaux. Paradoxalement, c’est peut être ce qui le tient en vie (combiné aux subventions à la culture qui lui permettent de payer ses exorbitantes factures de soins). Nous avons des raisons de croire qu’il ne nous quittera pas avant de s’être baigné de la reconnaissance des vivants.

 

Compagnie suisse établie à Genève, Chris Cadillac propose un théâtre qui rit de ses propres conventions pour férocement interroger l’inavouable, le pathétique et le fantasmagorique en chacun de nous.


Depuis 2011, nous adaptons, développons et éprouvons des outils permettant de nous livrer sur scène à un exercice constant de (dé)focalisation et de le proposer aux spectateurs.

Nous  expérimentons la fragilité et la joie de réagir dans l’instant face à cet inconnu toujours renouvelé qu’est le public, en prenant le parti de le tenir pour un partenaire de jeu. Nous avons décidé qu’il s’agirait de chercher l’accord avec tous les partenaires de jeu, public compris, dans le moment de la représentation plutôt qu’uniquement au préalable. Nous avons trouvé utile de travailler à intégrer, à documenter en live la réalité de la représentation pour ménager encore plus de trouble. Dès l’écriture, nous avons développé des stratégies visant à fondre le personnage dans l’interprète et à en assumer les conséquences. L’objectif a toujours été de créer un rapport englobant vis à vis des spectacteurs, et donc de mettre en place les conditions d’un évènement imprévisible plutôt que de raconter une fiction circonscrite.

 

 

 




 

 

ENGLISH VERSION

Chris Cadillac is an American producer who had to flee the United States for multiple reasons like, among others, his serious health problems. In 2010, he has chosen Switzerland as his new home with the intention of benefitting from the best healthcare system and the best environment to be treated. One night, when he was talking to the grim reaper in a hospital in Geneva, he was stroke by the idea of entering the world of Performing Arts. Since 2011, he has created three shows, all written from his hospital bed, each time as if it was the last one. Cadillac’s works are filled with that peculiar vibrating intensity that comes with the imminence of death. (They are, one may also say, near-and-yet-not-quite-death-experiences). His pieces, – Las Vanitas, Médecine Générale and now Claptrap – have radically changed the life of some spectators but have systematically proved to be commercial and critical failures. Ironically, this very fact might be what keeps him alive (together with the cultural subventions which pay for his medical bills). We have reasons to believe that he won’t pass away until he earns the recognition he deserves from his contemporaries. 

 

Chris Cadillac likes to play with truth and lie. Its pieces attempt to stimulate a specific dialogue between a group of actors and a group of spectators. These invitations may be implicit or explicit, insidious, frontal or provocative, but they always aim at opening the possibility of an encounter. Therefore, each piece takes place on the moving border between representation and reception and explores the (potentially conflicting!) dynamics that are produced in this tension.